Lettre de rĂ©siliation assurance emprunteur : comment la rĂ©diger et l’envoyer efficacement

découvrez comment rédiger et envoyer efficacement une lettre de résiliation d'assurance emprunteur pour simplifier vos démarches et assurer une résiliation sans accroc.

Changer d’assurance de prêt immobilier n’est plus un privilège réservé aux initiés. Depuis la loi Lemoine, chaque emprunteur peut optimiser le coût de son crédit en substituant son contrat d’assurance, à condition de respecter une procédure de résiliation très encadrée. Au cœur de cette démarche, la lettre de résiliation d’assurance emprunteur joue un rôle déterminant : elle matérialise votre volonté de changement, fixe la date d’effet souhaitée et enclenche les délais légaux de réponse de la banque. Une lettre mal rédigée ou incomplète peut toutefois retarder, voire faire échouer, votre projet de substitution.

Pour sécuriser votre démarche, il est essentiel de comprendre à quoi sert précisément cette lettre, quelles mentions doivent absolument y figurer, quels documents annexes joindre et comment l’envoyer pour que la résiliation soit incontestable. Derrière cet aspect administratif se cache un véritable enjeu patrimonial : sur la durée d’un prêt immobilier, une assurance emprunteur optimisée peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économie, tout en renforçant vos garanties. L’objectif est donc double : respecter les conditions de résiliation imposées par la réglementation, tout en gardant la main sur la qualité de votre protection financière.

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Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance de prêt à tout moment, sans frais — et souvent économiser plusieurs milliers d’euros. Cette lettre type cite le bon fondement juridique et demande l’avenant à votre banque : il n’y a qu’à compléter et envoyer.

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Lettre de résiliation assurance emprunteur : rôle, enjeux et cadre légal

La première étape pour bien gérer votre assurance emprunteur consiste à comprendre pourquoi la lettre de résiliation est devenue incontournable dans la relation entre l’emprunteur, la banque et l’assureur. Il ne s’agit pas d’une simple formalité, mais d’un document juridique qui déclenche des délais, fige une date et protège vos droits face à l’établissement prêteur.

Depuis la loi n°2022-270 du 28 février 2022, dite loi Lemoine, vous avez la possibilité de résilier votre contrat à tout moment, sans frais ni pénalités, à condition de proposer en remplacement un contrat d’assurance présentant des garanties au moins équivalentes. Ce droit est inscrit dans le Code de la consommation (article L. 313-30) et dans le Code des assurances (article L113-12-2), qui fixent le cadre des délai de résiliation et de l’effet de la substitution après accord du prêteur. Concrètement, c’est votre courrier qui vient acter l’utilisation de ce droit.

Sans lettre formelle, la banque n’a aucune obligation de traiter votre demande ni de respecter le fameux délai de dix jours ouvrés pour vous répondre. En d’autres termes, la procédure de résiliation ne commence réellement que lorsque la banque reçoit un dossier complet, comprenant votre courrier, l’offre du nouveau contrat et la Fiche standardisée d’information (FSI) permettant de vérifier l’équivalence des garanties. C’est précisément ce dossier qui enclenche la protection légale apportée par la loi Lemoine.

Pour illustrer concrètement l’enjeu, prenons le cas de Sophie et Julien, couple de trentenaires ayant souscrit un prêt immobilier de 250 000 € sur 25 ans. En 2020, ils avaient accepté l’assurance groupe de leur banque, sans vraiment comparer. En 2026, après avoir utilisé un comparateur puis un courtier, ils obtiennent un nouveau contrat individuel plus compétitif, avec une économie annuelle de 450 €. Sans une lettre de résiliation bien construite, leur banque pourrait arguer d’un dossier incomplet, retarder sa réponse et prolonger inutilement l’ancien contrat plus coûteux.

La lettre sert donc Ă  plusieurs fonctions essentielles :

  • Acter votre volontĂ© explicite de mettre fin Ă  l’ancien contrat et de le remplacer.
  • Rappeler le fondement lĂ©gal de votre demande (loi Lemoine, Code de la consommation, Code des assurances).
  • Identifier prĂ©cisĂ©ment le prĂŞt concernĂ© et le contrat d’assurance Ă  rĂ©silier.
  • Fixer une date d’effet souhaitĂ©e, tout en Ă©vitant toute rupture de couverture.
  • Liste des pièces jointes nĂ©cessaires pour dĂ©montrer l’équivalence des garanties.

Il est aussi important de comprendre la logique économique derrière ce dispositif. Pendant longtemps, l’assurance de prêt a été une source de marges importantes pour les banques, avec des contrats groupe peu personnalisés et souvent chers. L’ouverture à la concurrence, via la délégation d’assurance et la résiliation d’assurance emprunteur loi Lemoine, vise à redonner du pouvoir de négociation aux emprunteurs. La lettre devient ainsi l’outil concret par lequel vous faites jouer la concurrence afin de réduire le coût global de votre crédit.

Pour aller plus loin dans cette démarche d’optimisation, certains emprunteurs choisissent de se faire accompagner par un courtier ou de suivre une formation dédiée à l’assurance emprunteur afin de mieux décrypter les garanties, exclusions, délais de carence et surprimes. Plus votre compréhension est fine, plus vous pouvez utiliser la lettre comme un levier stratégique, et non comme une simple formalité administrative.

Au final, retenir que la lettre de résiliation n’est pas qu’un courrier : c’est le point de départ d’une stratégie patrimoniale qui vous permet de reprendre la main sur une charge souvent sous-estimée de votre budget de crédit.

Mentions obligatoires pour rédiger une lettre de résiliation d’assurance emprunteur

Une lettre efficace est d’abord une lettre complète. Pour rédiger une lettre conforme à la loi Lemoine, plusieurs éléments doivent apparaître de manière claire et structurée. L’objectif est d’éviter tout motif de refus lié à une imprécision ou à une absence de référence.

Votre courrier doit impérativement inclure :

1. Vos coordonnées complètes : nom, prénom, adresse postale, éventuellement téléphone et e-mail. Ces informations permettent à la banque de vous identifier sans ambiguïté et de vous adresser sa réponse écrite.

2. Les coordonnées de l’établissement prêteur : nom de la banque ou de l’organisme de crédit, adresse du service compétent (généralement le service crédit ou le centre de relation client dédié aux prêts immobiliers). Cette précision contribue à orienter rapidement votre demande vers le bon interlocuteur.

3. Les références du prêt immobilier : numéro du contrat de prêt, date de signature, montant initial emprunté. Ces informations sont cruciales, surtout si vous avez plusieurs crédits en cours dans le même établissement, afin de lier sans ambiguïté la résiliation à un financement précis.

4. Les références du contrat d’assurance actuel : nom de l’assureur (qui peut être la banque elle-même ou un assureur partenaire), numéro de police ou de certificat d’adhésion. C’est ce contrat que vous demandez à résilier.

5. La mention explicite de votre demande de résiliation et de substitution : il est important de formuler sans équivoque que vous sollicitez la résiliation du contrat existant et la mise en place d’un nouveau contrat assurance emprunteur en substitution, conformément à la loi Lemoine et à l’article L113-12-2 du Code des assurances.

6. Les références du nouveau contrat : nom du nouvel assureur, numéro de contrat ou de devis, et surtout la date d’effet souhaitée. Cette date est stratégique, car elle doit coïncider avec la fin de l’ancien contrat pour éviter toute période sans couverture.

7. La liste des pièces jointes : au minimum, l’offre ou projet de contrat d’assurance, la Fiche standardisée d’information (FSI) qui détaille les garanties, et si possible une attestation d’équivalence de garanties fournie par le nouvel assureur.

Un exemple de formulation peut ressembler à ceci : “Par la présente, il est demandé la résiliation du contrat d’assurance emprunteur n°[X] adossé au prêt n°[Y], et sa substitution par le contrat souscrit auprès de [nouvel assureur], présentant des garanties au moins équivalentes, à effet du [date]”. Ce type de phrase, clair et direct, facilite le travail d’analyse de la banque et réduit le risque de contestation.

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Pour sécuriser davantage votre démarche, vous pouvez également rappeler dans votre courrier que la banque dispose d’un délai de dix jours ouvrés à compter de la réception d’un dossier complet pour accepter ou refuser la substitution, en motivant un éventuel refus par une non-équivalence de garanties. Cette précision montre que vous maîtrisez vos droits et incite l’établissement à traiter votre demande avec sérieux et diligence.

La qualité de rédaction de votre lettre est donc une composante essentielle de votre rapport de force avec la banque : plus votre courrier est précis, sourcé et complet, plus la banque aura du mal à opposer un refus de pure opportunité.

Comment rédiger une lettre de résiliation d’assurance emprunteur pas à pas

Une fois les mentions obligatoires identifiées, reste à organiser votre courrier pour qu’il soit lisible et immédiatement exploitable par le service crédit. Le but est de transformer une démarche potentiellement complexe en une succession d’étapes simples, que vous pouvez suivre même sans expertise juridique.

La structure type d’une lettre de résiliation assurance emprunteur peut suivre ce canevas :

1. L’entête du courrier : en haut à gauche, vos coordonnées complètes ; en haut à droite, la ville et la date (par exemple “Paris, le 12 août 2026”), puis les coordonnées de votre banque. Cette présentation classique reste la plus claire pour les services administratifs.

2. L’objet : une ligne synthétique mais précise, par exemple : “Objet : Résiliation et substitution de l’assurance emprunteur – Prêt n°[référence]”. Cet objet permet à la banque de classer et d’orienter le courrier immédiatement vers la bonne équipe.

3. Le rappel du contexte du prêt : dans un premier paragraphe, indiquez la date de signature du prêt, le nom de l’établissement et la référence du crédit. Mentionnez que, pour garantir ce financement, vous aviez adhéré à un contrat d’assurance emprunteur spécifique (en citant sa référence et le nom de l’assureur d’origine).

4. La formulation de votre demande : dans un deuxième paragraphe, précisez que vous souhaitez résilier ce contrat et lui substituer un nouveau contrat, en vous appuyant sur la loi du 28 février 2022 et l’article L. 313-30 du Code de la consommation. Indiquez clairement que ce nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes, et que les documents nécessaires pour en juger sont joints.

5. La précision sur la date d’effet : indiquez que le nouveau contrat prendra effet à la date de résiliation de l’ancien, de manière à garantir une continuité de couverture. Vous pouvez formuler par exemple : “Afin d’éviter toute interruption de couverture, il est demandé que le nouveau contrat prenne effet à la date à laquelle la résiliation du contrat actuel deviendra effective”.

6. La demande de confirmation écrite : rappelez que vous attendez un accusé de réception de l’offre et une confirmation écrite de l’accord sur la substitution. Mentionnez le délai légal de dix jours ouvrés, ce qui incite la banque à respecter les délai de résiliation prévus.

7. La conclusion et la formule de politesse : terminez par une phrase indiquant que vous restez disponible pour toute pièce complémentaire, puis utilisez une formule de politesse classique. N’oubliez pas de signer le courrier, surtout si vous êtes plusieurs co-emprunteurs (dans ce cas, chaque emprunteur doit signer).

Pour gagner du temps, beaucoup de particuliers s’appuient sur un modèle de lettre téléchargeable en Word ou PDF. Ces modèles sont utiles, à condition de les personnaliser soigneusement : vérifiez chaque référence de prêt, chaque nom d’assureur et chaque date. Un simple oubli peut entraîner un traitement plus long du dossier. L’important est d’éviter le copier-coller sans relecture.

Il peut également être intéressant de comparer plusieurs projets de contrats avant d’envoyer la lettre définitive. En utilisant un courtier ou un comparateur, vous pouvez identifier la meilleure offre d’assurance via un courtier et ainsi optimiser encore plus l’impact financier de votre démarche. Le rôle de la lettre n’en est que plus important, puisqu’elle vient valider ce travail de comparaison et enclencher la bascule concrète vers la nouvelle assurance.

Au final, considérer votre lettre comme la dernière étape d’un processus structuré – comparaison, choix du contrat, vérification des garanties, constitution du dossier – permet de sécuriser l’ensemble de la démarche, tout en maximisant les économies potentielles sur votre crédit.

Tableau récapitulatif : les éléments à ne pas oublier dans votre courrier

Pour vous aider à vérifier rapidement votre courrier avant envoi, le tableau ci-dessous synthétise les éléments clés à intégrer :

Élément Contenu attendu Rôle dans la procédure
Coordonnées emprunteur Nom, prénom, adresse, contacts Identification claire du demandeur
Coordonnées banque Nom, service, adresse postale Orientation du dossier vers le bon service
Références du prêt Numéro de contrat, date de signature Association de la demande à un crédit précis
Références de l’assurance actuelle Nom de l’assureur, n° de police Identification du contrat à résilier
Base légale Loi Lemoine, art. L. 313-30, art. L113-12-2 Rappel du droit à résiliation à tout moment
Nouveau contrat Nom de l’assureur, n° de contrat, date d’effet Organisation de la substitution
Pièces jointes Contrat, FSI, attestation d’équivalence Preuve de l’équivalence des garanties
Demande de réponse Rappel du délai de 10 jours ouvrés Encadrement temporel de la réponse de la banque

Utiliser ce type de grille de contrôle avant d’envoyer la résiliation est un réflexe qui renforce considérablement la solidité de votre dossier.

Envoyer sa lettre de résiliation assurance emprunteur : canaux, délais et suivi

Une lettre parfaitement rédigée perd tout son intérêt si elle n’est pas transmise de manière sécurisée et traçable. La façon dont vous choisissez d’envoyer la résiliation conditionne votre capacité à prouver la date de réception par la banque, et donc à faire valoir vos droits en cas de litige.

La voie la plus sûre reste le courrier recommandé avec accusé de réception. Ce format vous fournit une double preuve : la date d’envoi et la date de réception par l’établissement prêteur. En cas de contestation sur le respect des délai de résiliation – par exemple, si la banque affirme ne pas avoir reçu votre courrier à temps – cet accusé constitue une pièce essentielle dans votre dossier.

Certaines banques acceptent désormais un envoi électronique signé, via l’espace client ou par e-mail sécurisé. Dans ce cas, il est crucial de conserver :

  • La copie du mail envoyĂ©.
  • Les accusĂ©s de lecture ou de rĂ©ception Ă©ventuels.
  • Les pièces jointes dans leur version exacte (PDF de la lettre, du contrat, de la FSI, etc.).

Si vous optez pour cette voie digitale, prenez soin de vérifier au préalable les conditions d’acceptation prévues par votre banque. À défaut, mieux vaut rester sur le recommandé papier, plus classique mais juridiquement très robuste.

Une autre question fréquente concerne le destinataire de la lettre. En règle générale, lorsque la banque est bénéficiaire du contrat d’assurance (ce qui est le cas pour la majorité des prêts immobiliers), votre courrier doit être adressé directement à l’établissement prêteur, et non au seul assureur. Si vous êtes déjà assuré auprès d’un assureur externe, il peut être pertinent de mettre la banque en copie du courrier adressé à cet assureur, afin d’assurer une parfaite coordination.

Une fois la lettre reçue, le compte à rebours commence : la banque dispose de dix jours ouvrés pour accepter ou refuser la substitution. En cas de refus, elle doit obligatoirement motiver sa décision, et cette motivation ne peut reposer que sur une non-équivalence des garanties. Un simple désaccord commercial ou la volonté de conserver votre contrat groupe ne constitue pas un motif valide.

Si vous ne recevez aucune réponse dans les dix jours suivant la réception d’un dossier complet, il est recommandé de relancer votre conseiller par écrit, en rappelant la date d’accusé de réception et la réglementation applicable. En pratique, cette relance montre que vous maîtrisez vos droits et incite souvent la banque à accélérer le traitement.

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Enfin, une fois l’accord obtenu, la banque doit établir un avenant au contrat de prêt reprenant les nouvelles caractéristiques de l’assurance emprunteur (taux, coût mensuel, TAEG actualisé). Vérifiez attentivement cet avenant, notamment si la modification a un impact sur le coût total du crédit. À ce stade, votre travail de comparaison et la qualité de votre lettre de résiliation se traduisent concrètement sur vos échéances.

Pour celles et ceux qui souhaitent aller encore plus loin dans l’optimisation, le recours à un professionnel peut être pertinent. Un courtier en assurance emprunteur, habitué à ces démarches, sait non seulement dénicher les contrats les plus adaptés à votre profil, mais aussi superviser l’envoi de la résiliation et le suivi administratif. Un bon point d’entrée pour ce type d’accompagnement est de passer par une sélection de courtiers spécialisés en assurance de prêt.

Bonnes pratiques pour sécuriser la procédure de résiliation

Au-delà du canal d’envoi, quelques réflexes simples peuvent vous éviter bien des déconvenues :

1. Constituer un dossier complet dès le premier envoi : ne vous contentez pas de la seule lettre. Ajoutez systématiquement le nouveau contrat, la FSI et, si vous en disposez, une attestation d’équivalence établie par le nouvel assureur. Un dossier incomplet retarde la procédure et prolonge l’ancien contrat.

2. Archiver tous les échanges : conservez une copie de la lettre, des pièces jointes, de l’accusé de réception, des mails échangés avec votre conseiller et de la décision de la banque. En cas de désaccord, ces documents seront précieux devant le médiateur ou, à terme, un juge.

3. Anticiper les délais : si vous visez une date d’effet spécifique (par exemple, un anniversaire de prêt ou une période clé de votre budget), envoyez votre dossier plusieurs semaines à l’avance. Même avec un cadre légal clair, les délais de traitement internes peuvent varier d’un établissement à l’autre.

4. Vérifier la continuité de couverture : la résiliation de l’ancien contrat ne doit jamais intervenir avant la prise d’effet du nouveau. C’est la meilleure protection contre un risque majeur (décès, invalidité, incapacité) qui surviendrait en pleine transition.

Appliquer ces bonnes pratiques transforme votre démarche de résiliation en une opération fluide et contrôlée, au service de votre stratégie patrimoniale globale.

Conditions de résiliation, erreurs fréquentes et gestion des refus de la banque

Résilier une assurance emprunteur n’est pas une décision isolée : elle doit s’inscrire dans un ensemble de conditions de résiliation à respecter scrupuleusement. La loi Lemoine simplifie le calendrier en autorisant la résiliation à tout moment, mais elle ne supprime pas l’exigence centrale d’équivalence des garanties.

Concrètement, la banque reste en droit de refuser une substitution si le nouveau contrat ne couvre pas, de manière comparable, les risques exigés dans l’offre de prêt initiale. Cela concerne notamment les garanties décès, perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), invalidité permanente et incapacité temporaire de travail. Selon votre profil (salarié, indépendant, profession à risque), d’autres garanties peuvent également être exigées.

Les erreurs les plus fréquentes observées dans les tentatives de résiliation tiennent souvent à :

  • Une comparaison insuffisante des garanties entre l’ancien et le nouveau contrat.
  • Un oubli de joindre la Fiche standardisĂ©e d’information, document central de la comparaison.
  • Une lettre de rĂ©siliation imprĂ©cise ou ne mentionnant pas clairement la demande de substitution.
  • Un envoi sans preuve (courrier simple ou e-mail non tracĂ©).

Pour éviter ces pièges, il est utile de se mettre à la place de la banque. Son objectif officiel est de s’assurer que votre niveau de protection reste conforme à ce qui était prévu lors de l’octroi du crédit, car cette assurance sécurise aussi son propre risque. Si le nouveau contrat présente des franchises plus longues, des exclusions plus nombreuses ou des plafonds d’indemnisation plus bas, elle pourra légitimement contester l’équivalence.

En cas de refus, la banque doit vous adresser une décision écrite et motivée. Si les motifs sont peu clairs, vous pouvez demander des précisions afin de comprendre quels points précis bloquent. Dans certains cas, un simple ajustement de la couverture auprès de votre nouvel assureur permet de lever ces objections sans tout recommencer.

Lorsque le refus vous semble injustifié, la stratégie consiste à :

1. Répondre par écrit en rappelant la loi Lemoine, la documentation fournie et en demandant une révision de la position de la banque.

2. Activer la procédure interne de réclamation de l’établissement, en adressant un courrier au service réclamation ou à la direction de la relation client.

3. Saisir le médiateur compétent si le désaccord persiste, en joignant l’ensemble des pièces (lettre initiale, décision de refus, contrats, FSI, échanges). Les informations pratiques sont disponibles auprès de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), adossée à la Banque de France.

Au-delà de ces aspects juridiques, la démarche de résiliation doit rester cohérente avec votre stratégie patrimoniale globale. Par exemple, un emprunteur très exposé sur les marchés financiers ou fortement endetté aura tout intérêt à privilégier des garanties d’invalidité et d’incapacité robustes, même si la prime d’assurance est légèrement plus élevée. Inversement, un profil jeune, en bonne santé, avec une situation professionnelle stable, peut davantage optimiser le coût sans dégrader la qualité de sa couverture.

Il est parfois pertinent d’articuler cette réflexion avec d’autres volets de votre gestion financière, comme la protection de votre capacité d’épargne, la constitution d’un fonds de sécurité ou la couverture d’un prêt véhicule via une attestation dédiée au financement d’un véhicule. L’assurance emprunteur de votre prêt immobilier ne doit pas être pensée isolément, mais comme un maillon de votre sécurisation globale.

En définitive, bien maîtriser les conditions de résiliation et anticiper les réactions possibles de la banque vous place en position de force. Votre lettre devient alors l’expression d’une décision réfléchie, portée par une vision patrimoniale de long terme, et non un simple réflexe d’économie à court terme.

Check-list pratique avant d’envoyer votre lettre

Avant de poster votre courrier ou de le déposer en ligne, prenez quelques minutes pour passer en revue ces vérifications :

  • Le nouveau contrat couvre au moins les mĂŞmes risques que l’ancien.
  • La FSI du nouveau contrat est imprimĂ©e ou jointe en PDF.
  • La lettre de rĂ©siliation mentionne clairement la demande de substitution et la base lĂ©gale.
  • Les rĂ©fĂ©rences du prĂŞt et du contrat actuel sont exactes.
  • La date d’effet du nouveau contrat est cohĂ©rente avec celle de la rĂ©siliation.
  • Le mode d’envoi choisi permet une preuve de rĂ©ception (recommandĂ© AR ou e-mail signĂ© acceptĂ© par la banque).

Cette discipline simple vous évite de nombreux allers-retours et renforce l’efficacité de votre démarche.

Faut-il obligatoirement une lettre écrite pour résilier une assurance emprunteur avec la loi Lemoine ?

Oui. La lettre de résiliation est indispensable, car elle formalise votre demande, rappelle la base légale (loi Lemoine, Code de la consommation, Code des assurances) et déclenche le délai de 10 jours ouvrés dont dispose la banque pour répondre. Sans courrier clair et traçable, la procédure de substitution n’est pas encadrée et vos droits sont plus difficiles à faire valoir.

Quels documents joindre à une lettre de résiliation assurance emprunteur ?

Pour que votre dossier soit complet, il est recommandé de joindre au minimum le projet de nouveau contrat d’assurance emprunteur, la Fiche standardisée d’information (FSI) correspondante et, si possible, une attestation d’équivalence de garanties fournie par le nouvel assureur. Ces pièces permettent à la banque de vérifier rapidement que le nouveau contrat respecte ses exigences.

Peut-on envoyer la lettre de résiliation par e-mail plutôt que par courrier recommandé ?

C’est possible uniquement si votre banque accepte les envois électroniques signés (via l’espace client ou par e-mail sécurisé). Dans ce cas, conservez la preuve d’envoi et les accusés de réception éventuels. À défaut, le courrier recommandé avec accusé de réception reste la méthode la plus sûre pour prouver la date de réception et sécuriser la procédure.

Que faire si la banque refuse la substitution malgré un dossier complet ?

La banque doit motiver son refus, uniquement sur la base d’une non-équivalence des garanties. Si vous estimez ce refus injustifié, demandez des explications détaillées, saisissez le service réclamation de la banque, puis, en cas d’échec, tournez-vous vers le médiateur compétent en joignant tous les échanges et documents.

La résiliation d’assurance emprunteur entraîne-t-elle une coupure de couverture ?

Non, à condition de respecter la procédure. L’ancien contrat prend fin au moment où le nouveau prend effet, après accord de la banque. La lettre de résiliation doit préciser que la substitution ne doit pas générer d’interruption de couverture, ce qui est conforme au cadre posé par le Code des assurances.

Marie Dufour - Experte en finances personnelles et investissement

Marie Dufour

Experte en finances personnelles et investissement • Auteure de l'article

Forte de plus de 15 ans d'expérience dans la finance et la gestion de patrimoine, Marie Dufour accompagne épargnants débutants comme investisseurs confirmés vers des décisions financières éclairées. Spécialiste de l'épargne, de l'assurance-vie, de la Bourse, des ETF et des SCPI, ainsi que de la fiscalité et du crédit, elle décrypte les sujets complexes avec une approche claire, pédagogique et sans jargon. Sa vision allie rigueur, indépendance et stratégie long terme.

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